Final electro en beauté : samedi sans pluie, oreilles ravies !

Alors que la journée était maussade, le soleil a finalement fait un retour fracassant pour honorer comme il se doit la dernière soirée de concerts de l’édition 2010 du festival estival le plus populaire de Paris.

Mr Nô

Si le parvis comptait assez peu de monde avant le premier concert de la soirée, il a commencé à se remplir dès les premières boucles électroniques lancées par Mister Nô. Coiffure Beatles, lunettes d’aviateurs, cette découverte Printemps de Bourges invite au voyage. Pieds techno très réguliers et basses omniprésentes ou, à l’inverse, samples de voix aigües et sonorités liquides rappelant des sirènes envoutantes, l’artiste jongle entre les styles, allant jusqu’à se mettre debout sur la table.

Surplombant son ordinateur, le public, le parvis à ses pieds… futur prince dans son domaine ? Retenez bien son nom car nul doute que Mr Nô saura prochainement s’imposer à bon nombre de clubs !

Pulpalicious

Un quatuor qui en rang d’oignon manipule des platines, ça vous rappelle quelque chose ? Non, Pulpalicious ne renie pas sa filiation avec Birdy Nam Nam, leur style n’est d’ailleurs pas si éloigné. Access, Mr Style, Prims et Don Hutch alternent des remixes à dominante rock et des titres de leur cru dont le fameux Dirty.

Le public très réceptif se met à sautiller et encourager les vices champions de France de DMC. Leur maxime n’est pas erronée, Pulpalicious crée « une alchimie musicale à écouter avec les yeux ».

Acid Washed

Alors que le public se remet doucement de la déflagration sonore de Pulpalicious, le duo Acid Washed prend place, encadrant leur invitée de marque, Lippie. Cette dernière ne manque pas d’humour, vêtue d’un tee-shirt rembourré couleur chair simulant des muscles et abdos en béton.

En moins d’une minute, les boucles rétro envahissent la place. Boucles lourdes et épurées rappelant l’école de Detroit ou mixes plus chaloupés grâce à la voix veloutée de Lippie, les lunettes noires sont de mises et le public réagit très vivement. Un concert d’électro aussi pointu qu’accessible qui a ravi la foule !

Danton Eeprom

Si Danton Eeprom commence à être bien connu des clubs électro, il n’avait jamais joué en live pour autant. Sa prestation est donc un grand baptême ce soir là. Accompagné d’un batteur, un guitariste / clavier et d’une ravissante choriste / danseuse ultra-pulpeuse, Danton Eeprom finit par se détendre dans son costume bleu roi.

La belle fait chavirer les cœurs du public le temps que Danton accorde son instrument et chante avec elle. Même si l’artiste tarde parfois à enchaîner les morceaux, il sait parfaitement se faire désirer du public. Hypnotiques, les boucles du groupe sont résolument rock pour le grand plaisir de l’assistance qui pour la plupart ne sont pas familiers avec le genre.

Chloé

La nuit s’est emparée du parvis et toujours pas une goutte de pluie. Chloé prend place, accompagnée de son Vj qui projette des films aux univers énigmatiques où des silhouettes évoluent à travers des champs de colonnes ou des boules glissent dans des tubes. Le public acclame la jeune femme qui leur fait face, concentrée sur sa rangée de machines électroniques. Ses boucles sont lentes et ensorcellent tout le monde.

Chloé s’amuse, charme et mène la danse en accélérant ou ralentissant le rythme au gré de ses envies. Soudain Chloé convoque les basses en masse, son set se fait plus offensif. Nous public, laissons toutes les sonorités nous attaquer. Les ondes puissantes et graves traversent les carcasses, nous projetant dans des demi-éveils et des réalités parallèles.

Toutes les bonnes choses ont une fin, le retour à la normale est forcément brutal. Chloé était la dernière artiste programmée de cette édition 2010 du Festival, il est temps de rentrer (surtout que l’orage commence à gronder).

Rassurez-vous, cette fin n’est que provisoire, l’année prochaine sera, comme chaque année pleine de se surprises. Et continuez de rendre visite à ce blog puisque nous continuons de vous agiter avec des vidéos, des interviews et d’autres photos jusqu’à la fin août !

Retrouvez toutes les photos de la soirée du 14 août ici!
Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens


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Vendredi 13 août : mélanges silvouplaît !

L’air est frais à Paris ce vendredi, entrecoupé d’averses et rayons de soleil. Pas question de rater pour autant les quatre groupes du soir. Programmation plus éclectique mais non moins intéressante qui commence sur les chapeaux de roues avec le rap enflammé de 0800, coup de cœur d’Olivier Bas qui attendait depuis deux ans la bonne occasion pour les programmer.

0800

Le trio bordelais ouvre la soirée, accompagné de deux musiciens. Avec une batterie, deux guitares et un clavier on commence à comprendre pourquoi ces rappeurs ont intitulé leur disque Rock n’ Roll. Textes très travaillés agrémentés de riffs électriques et solos de batterie, le tout est un beau mélange des genres.

Beatboxing et paroles scandées sont mises en valeur par la batterie et les lignes de basses ce qui change de la boite à rythme répétitive. Pour un premier concert à Paris, on ne peut que saluer la prestation impeccable de ce groupe qui ne restera pas une « découverte » bien longtemps. 0800 nous donne tout ce qu’ils ont et nous rappelle leur leitmotiv du soir : « Sors tes doigts du cul et mets les dans la prise ! »

Boogers

Sweet-shirt jaune, cheveux en bataille et barbe de cinq jours, Boogers semble tout droit sorti de son lit. Il ne faut pas se fier aux apparences, l’artiste multi-tâches est très en forme. Boogers fait tout, tout seul, à l’aide d’une guitare et de multiples ustensiles, il crée sa sauce qu’il assaisonne de répliques cinglantes à l’attention du public.

Le soleil fait soudain une belle percée, Boogers retire son sweat et attrape sa guitare avant de repartir dans son épopée schizophrène. Des titres entêtant pour un homme orchestre fascinant.

Uffie

Uffie est accompagnée de ses deux musiciens, l’un aux rythmiques, l’autre aux samples. L’expérience live est assez différente du disque. Uffie nous confiait avant son spectacle être un peu fatiguée, ayant visité quatre continents cette semaine. Elle n’en laisse rien paraître.

Et si elle ne sautille pas partout, c’est seulement parce qu’elle porte deux strappings aux chevilles. Vêtue d’une combinaison bleue à paillettes qui captive l’auditoire, sa voix un peu grave et ses yeux aguicheurs font le reste.

Rondeurs trahissant à la fois l’enfance et la maternité qui ne sont pas si loin, cette jeune femme pétillante est déjà pleine d’assurance. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à se frotter au public, descendant de la (très haute) scène.

Tricky

Tête d’affiche de la soirée, la place de l’Hôtel de Ville est bondée et Tricky illumine la nuit qui finit de tomber. C’est une sorte d’homme double face. Côté pile un crâne rasé et des tatouages colorés, côté face des cheveux plus longs et des tatouages en noir et blanc.

Si l’allure peut décontenancer il ne faut pas se fier aux apparences : Tricky a un cœur gros comme la Mairie de Paris et livre un spectacle sans demie-mesure. Invitant le public à le rejoindre sur scène ou reprenant Motorhead (Ace of Spades), l’homme est plein d’énergie et interprète avec son groupe des titres oscillant entre trip hop et rock.

A la fin de la soirée, le public avait ôté pulls et k-way, comme si Tricky avait réchauffé l’air ambiant. Samedi, il faudra garder autant de bonne humeur et d’énergie pour honorer comme il se doit la clôture du festival (déjà !) qui sera dédiée cette année aux musiques électroniques. Be there or regret it !

Retrouvez toutes les photos des concerts du 13 août ici!

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens



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6 août : du rock sous toutes les coutures

Soirée rock ce soir place de l’Hôtel de Ville avec 4 groupes très attendus par le public venu en masse dès 17h.

Coming Soon

Leur nom résonne comme une bande annonce de film catastrophe et pourtant les six membres de Coming Soon sont tout sauf violents. Le parvis est déjà bien rempli lorsque le chanteur, en total look cowboy, accompagné de sa pianiste schoolgirl multi-instrumentiste (clarinette, tambourin, clavier, flute, trompette, carillon…), des trois guitaristes et du batteur prennent les micros pour faire voyager le public jusqu’à Tahiti (« On va vous jouer Going to Tahiti parce que pendant qu’on est ici à Paris, d’autres partent très loin »).

Des morceaux pop ultra-doux, agrémentés de la voix légèrement cassée du chanteur ou de belles sessions de chœurs à capella. Le public est ravi et attend la suite avec impatience!

GUSH

Constat immédiat dès que les GUSH montent sur scène : ces quatre là sont beaux, jeunes, ont beaucoup de groupies en en croire les hurlements de la foule et… ont toujours les cheveux aussi longs ! Le parvis est quasiment plein malgré un soleil jouant à cache-cache avec les nuages gris. Lorsque les GUSH entonnent en chœur In the Sun ou P.nis nos cœurs tressaillent et il pourrait pleuvoir des cordes qu’on resterait là.

Le public, conquis, répond comme un seul homme lorsqu’on lui demande de produire des « claps sexy » et en redemande lorsqu’ils quittent la scène. Show must go on comme on dit… mais ces GUSH really got style !

Plastiscines

Les filles dans le rock sont plutôt rares. Les groupes exclusivement féminin d’autant plus. Les quatre midinettes ultra-lookées de Plastiscines ont des riffs électriques dans le ventre.

On ne s’étonne pas de ne pas les voir jouer de la pop calme tant elles ont d’énergie à revendre. Encadrée des deux guitaristes, la chanteuse agite sa crinière blonde dans tous les sens, emportant la ferveur des adolescentes venues l’acclamer.

La batteuse seule en arrière scène n’est pas en reste, démontrant que « jouer de la batterie » n’est pas du tout incompatible avec « être sexy ». Le public, à la fois très jeune et plus âgé restera bluffé.

Eiffel

Lors de son interview l’année dernière, Olivier l’avait affirmé : le Festival FnacIndétendances 2010 serait marqué du sceau d’Eiffel ou ne serait pas (cf. interview). Pari réussi ! Romain Humeau et ses trois acolytes étaient au rendez-vous pour clore la soirée.

Rock viscéral dans le sillage de Noir Désir (tout le monde s’attendait d’ailleurs à voir Bertrand Cantat les rejoindre sur scène), Eiffel livre une musique sans concessions, interrompant d’ailleurs son concert pour laisser s’exprimer l’association de défense des 3000 sans-papiers du 18e arrondissement.

Ethique et musique savent faire bon ménage et, à en juger par la foule ce soir là, elles ont trouvé des oreilles et un porte-parole à travers Eiffel.

Il est 22h et c’est encore une fois une belle soirée qui s’achève. Le parvis se vide petit à petit en attendant qu’il se remplisse à nouveau dès demain.
Samedi soir, le rock laissera place aux sonorités bretonnes, soyez-là !

Et vous, vous avez passé une bonne soirée? Laissez-nous vos impressions!

Retrouvez toutes les photos des concerts du 06 août ici!

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens


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31 juillet : Ne manquait que le sable…

En attendant les concerts, le public participe à un blind-test de reprises. Plusieurs futurs mariés enterraient leurs vie de jeune fille ou de garçon. Souhaitons-leur beaucoup de courage !

Lafayette

Deux guitaristes déchainés, une chanteuse à perruque blanche, un batteur qui rythme les titres avec une rigueur militaire et un bassiste qui tient la cadence, Lafayette  ouvre les réjouissances sonores du jour.

Titres efficaces, riffs entraînant, le public ne les quitte pas des yeux malgré la chaleur un peu étouffante.

Reprise de White Rabbit (Jefferson Airplane) suivie d’un titre intitulé Sexual Suicide, le groupe a de l’humour. Peu à peu le public réagit aux appels de la chanteuse. Malgré quelques soucis techniques le spectacle était réussi.

Lafayette ont un point commun avec les Galeries : ils nous en mettent plein les yeux !

Lilly Wood & the Prick

Entrée fracassante de Lilly, robe blanche faite d’un assemblage de casquettes et collants noir. Ils attaquent directement avec leur tube It’s Okay !

La voix de Lilly vous fait ce petit quelque chose au fond du ventre qui vous remplit de joie. Des sourires sur tous les visages, voilà le premier effet Lilly.

Titres toujours mieux travaillés, le duo est ici accompagné de deux musiciens supplémentaires pour des orchestrations guitare-clavier rehaussées de dos de casseroles ou mégaphone. L’univers enfantin de Lilly Wood & the Prick ravit le public.

Mais malgré les applaudissements très soutenus, il n’y aura pas de rappel possible. Très touchés, les membres du groupes saluent. « C’était cool de jouer à la maison »,

vous revenez quand vous voulez !

Lonely Drifter Karen

Un petit vent s’est mis à souffler, ce qui rafraichit la place de l’Hotel de Ville sur lequel le drapeau européen ne flotte pas pour rien. Les cosmopolites Lonely Drifter Karen prennent place.

Parties de piano endiablées avec les trois hommes qui l’encadrent ou solo guitare-voix, l’univers doux de Lonely Drifter Karen nous ballade à travers les influences musicales de partout à travers l’Europe.

Le groupe joue autant des mélodies d’Europe de l’est que mâtinées d’ambiances latines. Si cet univers est plus calme, le public n’en est pas moins resté attentif.

Nada Surf

Le soleil s’est caché derrière les immeubles, quelques rayons filtrent encore et éclairent la chevelure blonde du chanteur de Nada Surf. Forts de leurs titres très populaires et connus de tous, les Nada Surf emportent la foule en un rien de temps. Du rock version californienne qui donne envie d’aller surfer et de retomber en adolescence.

Nada Surf achève une tournée (reste encore des dates au Japon) et compte enregistrer prochainement un nouveau disque. Leur répertoire ce soir comporte plusieurs reprises issues de leur dernier disque, comme le très entraînant Love goes on avec ses solo de trompette. Ca sent les vacances, les amours d’été et l’éternelle jeunesse.

Nada Surf ne partira pas sans jouer les tubes Popular et Always Love. La foule est en délire et en redemande.

Il est 22h et cette très belle soirée s’achève sous un ciel bleu, on se croirait presque à la mer, Plages-Paris.

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens


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30 juillet : du soleil, des bonnes ondes, des vacances… Et avec ceci, ce sera tout ?

Nouvel R

Le public est encore clairsemé et la journée ultra-ensoleillée. Très vite le parvis se remplit car Nouvel R sait se faire sentir intéressant. Mise en scène étudiée, le spectacle commence avec un trio en blanc. Un beatboxer, un clavieriste-guitariste et un bidouilleur d’ordinateur. Il fait déjà 35 degrés mais ils continuent de chauffer doucement l’ambiance. Puis arrivent les Mc par deux (4 au total), tout de noir vêtus.

Rap français rappelant IAM, les textes sont ciselés. Les orchestrations sont simples et efficaces, les messages sont clairs. A cinq ils alternent chorégraphies et attitudes fixes. Violence des propos sur le fond, jamais dans la forme.

Dédicace à Kourtrajmé et le groupe continue de dénoncer les intolérances religieuses, la précarité des situations économiques ou les dérives de systèmes… Tout va bien pour ce collectif, une vraie découverte !

Avant d’attaquer le prochain concert, on assiste à un Sketch en duo, chanson et humour sur le thème de la sensibilisation aux risques de la perte d’audition.

ROCé

Le parvis continue de se remplir. ROCé prend place, accompagné de son guitariste et du maître des samples. Son flow plus lent, très rétro, rappelant l’école des années 90. Il l’affirme haut, il est « le seul trentenaire à raper comme un adulte », ses textes sont effectivement plus mûrs, plus réfléchi. Un rap moins intuitif, moins accessible et tout autant intéressant. Dommage que son beatmaker n’aie pas pu venir, le spectacle aurait été encore plus complet.

ROCé n’est pas un pacifiste de facade comme en témoignent La rage et la Haine.

Les discussions de comptoirs ne restent pas qu’au café, avec ROCé elles peuvent aussi battre le pavé

Casey

La place de l’Hôtel de Ville est maintenant pleine pour voir Casey. Elles ne sont pas nombreuses ces femmes qui osent s’imposer dans le monde masculin du rap. Casey, couleur ébène, petite nattes bien serrées sur le crâne et survêtement noir tient la scène seule ou accompagnée de son MC, Prodige. L’accueil est très enthousiaste, en redemande, l’encourage.

Grosses rythmique, rap plus acide. Casey sait aussi montrer ses côtés plus doux lorsqu’elle dégaine un sample de musique traditionnelle africaine qui peu à peu s’orne de basse et de son texte aux rimes simples et sans concession.

Beat Assailant

La place prend peu à peu des couleurs, les rayons du soleil laissant place aux spots colorés. Beat Assailant s’installe au grand complet. Trombone, trompette, flute traversière, clavier, saxophone, batterie, guitare, samples et chant. Melting pot des origines culturelles, des univers vestimentaires aussi où les baggy côtoient le costume noir, les casquettes encadrent le panama et le sweat à capuche. Le public forme une grande marée, bras levés en rythme. La chanteuse, seule au milieu de tous ces hommes, se déhanche à qui mieux mieux, ses courbes épousent les sonorités hip hop jazz du groupe.

I think I can ! Yeah !

Le flow groovy associé à la voix veloutée et aux cuivres crée ce mélange détonnant et explosif. La foule est attentive et réactive. Le concert se fait de plus en plus electro, les samples de Justice ou Daft Punk sont sublimés par les cuivres.

Rappel, le public en veut encore, Beat Assailant doit renoncer devant l’heure avancée.

Le public, très enthousiaste, présent en nombre et les groupes invités ont démontré ce soir que le rap et le hip hop ne sont pas des parents pauvres de la musique et méritent largement leur place dans un festival populaire. Une belle soirée d’été !

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens


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