Mr Nô en interview

Mr Nô est d’un calme olympien et d’une décontraction à toute épreuve alors qu’il vient de terminer le set d’ouverture de la soirée de clôture. Ce jeune Clermontois, accro à l’eau minérale, nous confie ses impressions.

Tu sors de scène, est-ce que tout s’est bien passé ? C’était ta première fois dans la capitale ?

Mon premier show à Paris a eu lieu en décembre dernier au Social Club, j’avais joué à l’occasion de la sortie du premier Maxi d’Abstract Sound Project que j’avais remixé. En mai j’avais joué au Nouveau Casino dans le cadre des soirées Wanted. C’est donc mon troisième show à Paris. Et évidemment l’envergure n’est pas la même…

Le plus difficile dans cette date, c’était de gérer le stress car lorsque j’ai fait mes balances il pleuvait des cordes, ils ont annulé les jeux interactifs avec le public vers 17h et je pensais vraiment qu’on allait se retrouver à faire un concert entre nous, sans public. Et soudain ça s’est levé et le public est arrivé.

Mr Nô

Ensuite je ne pensais pas qu’ouvrir le festival vers 18h avec une musique peu accessible, assez agressive, rencontrerait autant de public. Ils réagissaient, ils écoutaient. J’ai passé un super moment.

Comme ce festival est ouvert, le public était-il différent de celui que tu connais habituellement ?

De temps en temps je regarde le public dans les yeux et ça se sent. Il y en a qui découvrent, beaucoup étaient en famille d’ailleurs, mais c’est ce que je recherche car je ne fais aucune musique pointue. Je ne suis dans aucun courant, ni dans la pure minimale ou maximale, ni dans la fidget ou la french touch. Les extrêmes c’est assez pénible en général, moi je me sens comme un groupe de rock, sauf que les machines remplacent les instruments et que je suis tout seul.

mr Nô

Il y a pas mal de voix dans tes samples, tu peux nous en dire un peu plus ?

La plupart des voix viennent de groupes que j’ai remixé. En vrac Curry and Coco, Sourya, The Elderberries… Une matière intéressante.

C’est plutôt rare de commencer par remixer des groupes indés, non ?

Il n’y avait aucune pression artistique, je me suis beaucoup amusé avec. Les gens ne connaissent ni l’original, ni l’article qui a remixé, ce qui apporte un côté très frais, on n’a plus qu’à se concentrer sur la musique. La plupart des artistes que j’ai remixé sont aussi débutants comme moi, c’est souvent leur première prod, comme moi, on se met d’accord sur tout, ça apporte un côté très humain.

Cette année tu étais Découverte Printemps de Bourges en Electro, est-que ce titre a de l’importance pour toi ? Tu as senti un changement après cela ?

Le plus gros changement a concerné mon entourage professionnel. Je me suis doté de manager, tourneur tout ça. Bourges est une date particulière où l’on joue plus devant des professionnels que devant un public. Il faut simplement chercher à faire un bon concert, ni plus ni moins. Moi j’étais d’autant plus content que trois jours auparavant, j’avais appris que j’allais jouer à Manchester pour la réouverture de l’Hacienda avec Peter Hook (bassiste de Joy Division) et des gens était déjà au courant ! Ca s’est très bien passé.

Et tu arrives à vivre de ton art ? Depuis quand es-tu un pro ?

J’ai arrêté mes études de philo en septembre dernier et je vis de mon art depuis. Je viens de la musique classique (percussionniste) et je ne considérais pas l’électro comme un genre à part entière, plutôt comme de la musique qu’on écoute en boite. J’avais ce genre de clichés. Et ensuite en écoutant Plastikman ou des groupes un peu arty je me suis rendu compte que c’est un domaine très vaste. C’est juste un moyen et non une fin en soi, on en fait ce qu’on veut. Et j’ai fait mon rock, ma pop-rock, mon hard rock avec mon ordinateur.

Je suis assez serein par rapport à l’avenir. Des remixes arrivent pour Stupeflip, Lexicon et Success. Et je vais aussi travailler à un premier maxi.


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