Vendredi 13 août : mélanges silvouplaît !

L’air est frais à Paris ce vendredi, entrecoupé d’averses et rayons de soleil. Pas question de rater pour autant les quatre groupes du soir. Programmation plus éclectique mais non moins intéressante qui commence sur les chapeaux de roues avec le rap enflammé de 0800, coup de cœur d’Olivier Bas qui attendait depuis deux ans la bonne occasion pour les programmer.

0800

Le trio bordelais ouvre la soirée, accompagné de deux musiciens. Avec une batterie, deux guitares et un clavier on commence à comprendre pourquoi ces rappeurs ont intitulé leur disque Rock n’ Roll. Textes très travaillés agrémentés de riffs électriques et solos de batterie, le tout est un beau mélange des genres.

Beatboxing et paroles scandées sont mises en valeur par la batterie et les lignes de basses ce qui change de la boite à rythme répétitive. Pour un premier concert à Paris, on ne peut que saluer la prestation impeccable de ce groupe qui ne restera pas une « découverte » bien longtemps. 0800 nous donne tout ce qu’ils ont et nous rappelle leur leitmotiv du soir : « Sors tes doigts du cul et mets les dans la prise ! »

Boogers

Sweet-shirt jaune, cheveux en bataille et barbe de cinq jours, Boogers semble tout droit sorti de son lit. Il ne faut pas se fier aux apparences, l’artiste multi-tâches est très en forme. Boogers fait tout, tout seul, à l’aide d’une guitare et de multiples ustensiles, il crée sa sauce qu’il assaisonne de répliques cinglantes à l’attention du public.

Le soleil fait soudain une belle percée, Boogers retire son sweat et attrape sa guitare avant de repartir dans son épopée schizophrène. Des titres entêtant pour un homme orchestre fascinant.

Uffie

Uffie est accompagnée de ses deux musiciens, l’un aux rythmiques, l’autre aux samples. L’expérience live est assez différente du disque. Uffie nous confiait avant son spectacle être un peu fatiguée, ayant visité quatre continents cette semaine. Elle n’en laisse rien paraître.

Et si elle ne sautille pas partout, c’est seulement parce qu’elle porte deux strappings aux chevilles. Vêtue d’une combinaison bleue à paillettes qui captive l’auditoire, sa voix un peu grave et ses yeux aguicheurs font le reste.

Rondeurs trahissant à la fois l’enfance et la maternité qui ne sont pas si loin, cette jeune femme pétillante est déjà pleine d’assurance. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à se frotter au public, descendant de la (très haute) scène.

Tricky

Tête d’affiche de la soirée, la place de l’Hôtel de Ville est bondée et Tricky illumine la nuit qui finit de tomber. C’est une sorte d’homme double face. Côté pile un crâne rasé et des tatouages colorés, côté face des cheveux plus longs et des tatouages en noir et blanc.

Si l’allure peut décontenancer il ne faut pas se fier aux apparences : Tricky a un cœur gros comme la Mairie de Paris et livre un spectacle sans demie-mesure. Invitant le public à le rejoindre sur scène ou reprenant Motorhead (Ace of Spades), l’homme est plein d’énergie et interprète avec son groupe des titres oscillant entre trip hop et rock.

A la fin de la soirée, le public avait ôté pulls et k-way, comme si Tricky avait réchauffé l’air ambiant. Samedi, il faudra garder autant de bonne humeur et d’énergie pour honorer comme il se doit la clôture du festival (déjà !) qui sera dédiée cette année aux musiques électroniques. Be there or regret it !

Retrouvez toutes les photos des concerts du 13 août ici!

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens



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