Quand la Bretagne prend possession de la capitale…

Soirée Breizh Touch, le 07 août 2010

En introduction de cette soirée spéciale en honneur de la Bretagne, la compagnie de danse traditionnelle bretonne Dañserien Pariz (site internet) évolue dans le public.

La foule est déjà dense et il n’est que 17h30. Le public se laisse entraîner et se met à danser en attendant le premier concert.

Bagou Vraz

Le vent s’est levé sur le parvis de l’Hôtel de Ville, est-ce celui de la pointe du raz qui s’est déplacé pour l’occasion ? Les sirènes des paquebots retentissent, les goélands et les mouettes du port aussi, la harpe celtique prend le relais et le duo Bagou Vraz commence à raconter ses histoires en breton.

La création est inédite, spécialement créée pour cette soirée Breizh Touch. Le duo scande des textes en français, racontant son arrivée et ses humeurs du moment avec humour « Monsieur le Maire de Paris nous aimons vos vélos (…) qu’en est-il d’la gratuité des transports en communs ? ».

La suite est un habile mélange d’influences bretonnes et de sonorités des musiques amplifiées. Belle entrée en matière, le Fest-Noz est lancé !

La fin de la prestation de Bagou Vraz est ponctuée d’un bel orage. Pluie et vent balaient les pavés mais le public tient bon, sortant coupes-vents et parapluies en attendant Plantec.

Plantec

Tout de noir vêtus, les sept musiciens de Plantec chassent la pluie à grands coups de riffs de guitare et batterie. Parfait équilibre entre héritage culturel fort et musiques actuelles, on peut souligner l’incroyable souci de renouvellement de ce groupe qui n’a pas produit un seul disque avec les mêmes dominantes. Le dernier aux accents métal et hard rock est celui présenté ce soir.

Le biniou côtoie la batterie et les basses et rythmiques graves. Tout le monde ne maîtrisant « la langue d’avant qu’on soit né », le chanteur prend le soin d’expliquer avant chaque titre de quoi parlent ses textes « Vous ne parlez pas breton ? Ce n’est absolument pas un problème, on va vous aider à imaginer. ». Et ça fonctionne parfaitement !

Probablement parmi les groupes les plus à-même de faire le lien entre culture locale et nationale, jeunes générations et aînés, Plantec cède la place à Merzhin qui s’installe sous un rayon de soleil qui perce timidement.

Merzhin


Egalement vêtus de noir, le costume en plus, les six hommes de Merzhin font parfaitement le lien avec Plantec. Les textes sont essentiellement en français, plus rock, agrémentés de guitares et clarinettes. Le public est particulièrement enthousiaste, le parvis est bondé alors que le groupe alterne créations récentes et « morceaux du début du siècle ».

Très entrainantes, les mélodies amènent petit à petit la place à s’essayer aux danses où l’on se tient le petit doigt ! Deuxième vague de pluie, le public part s’abriter pour revenir en forme pour la tête d’affiche de la soirée.

Alan Stivell

Ovation unanime sous les parapluies, la soirée spéciale Bretagne ne pouvait pas avoir lieu sans le parrain incontestable qu’est Alan Stivell. « La Bretagne a trois capitale, Rennes, Brest et Nantes », Alan ne craint pas le crachin, il ne bouge pas de l’avant-scène, tel un phare dans la tempête.

Cornemuse électronique, harpe celtique ou instruments plus classiques, le groupe joue un répertoire dynamique et aurait probablement fait danser les foules davantage si la pluie n’avait pas autant été de la partie.

Dj Zebra et le Bagad de Carhaix

29 musiciens sur scène, équipés de cornemuses, binious ou flûtes qui rencontrent les samples de DJ Zebra (qui joue aussi de la guitare électrique et chante pour l’occasion). La rencontre est incongrue au premier abord, mais explosive et réellement dansante au final.

Tous les classiques du rock et de la pop passent au filtre du Bagad. Cela donne des mélanges détonants comme Charlie Winston qui rencontre de la samba brésilienne et les Clash (Rock the Casbah), dont les refrains sont rehaussés des sonorités aigues des bombardes du Bagad. Le public fait fi du crachin et se met à danser !

Mélange intéressant pour clore une soirée certes pluvieuse mais pleine d’un public ultra-enthousiaste. Des pointes d’électro qui font magnifiquement la transition avec les deux dernières soirées prévues la semaine prochaine pour clore (déjà !) un mois de festival.

Retrouvez toutes les photos de la Breizh Touch ici!

Texte: Mauve Leroy, photos: Ben Callens


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