
Premiers arrivés, premiers servis !

Soleil au rendez-vous, une jolie surprise précédait le lancement du festival. Lisa Portelli (lauréate du Prix Paris Jeunes Talents Musique 2010, myspace), à mi-chemin entre une Vanessa Paradis et une Izia offrait aux oreilles du public ayant eu la bonne idée de venir dès 17h un répertoire guitare-voix aux textes ciselés.

Hauts les mains ! Les cinq cowboys débarquent à Paris pour un hold-up de nos oreilles dans les règles de l’art !
Costumes rétro à mi-chemin entre le bourgeois du XIXe siècle et le caïd du Far-West, instruments en tout genre faisant penser à une échoppe de collectionneur; le public est envoûté dès que retentissent les premiers accords de trompette et guitare.
Dans la Maison Tellier, on se sent chez soi. LMT donne beaucoup, généreuse troupe de grands gaillards aux cœurs sensibles. La voix d’Helmut Tellier, mélancolique et poignante et le banjo de Raoul Tellier associés à la contrebasse et la batterie finissent de mettre en confiance.
Quarante minutes faisant la part belle à leur troisième opus où la moindre seconde est exploitée, mélange habile de folk et blues aux orchestrations rock. Autant en anglais que dans la langue de Molière, les textes sont truffés de références à la littérature américaine et française (de Camus à Kérouac).
Il pleut un peu ? Helmut en appelle à Jésus Tellier qui va venir tout régler.
On ne pouvait rêver mieux comme ouverture pour cette septième année du festival FnacIndétendances.
La Maison Tellier, album : L’art de la Fugue (3e Bureau / Wagram)
Le temps est maussade lorsque Féloche prend possession de la scène ornée d’oripeaux cajuns. Trois musiciens l’accompagnent; accordéon, contrebasse et violon. Féloche est muni de sa mandoline. Petit mais costaud, il se dégage une énergie folle pour ce petit bonhomme. Très vite, il entonne une incantation destinée à charmer le soleil. Et cela fonctionne ! Féloche et ses compères entament alors une danse rituelle, chacun ayant revêtu un masque de plumes et tissu. L’alliance voix-mandoline est parfois presque hypnotique, petit à petit une partie du public se met à se déhancher. Soleil et danse, Féloche nous aura bien tous charmés !
Féloche, album : La vie cajun (Naïve)

Camille Bazbaz déboule, total look jean délavé et casquette façon titi parisien. La pluie a décidé de tenter un come-back un peu plus poussé, une partie de l’assistance part se réfugier. Mais Bazbaz, tel un train, continue sur sa lancée, imperturbable. Sa voix vous entre dans le crâne pour ne pas en ressortir. Les musiciens lui emboitent le pas et la dizaine de titres pop qu’ils livrent fera revenir une partie des moins téméraires. Bazbaz termine par son titre phare dans une version agrémentée de plages d’impros et paroles scandées.
Quatrième disque ? Non cinquième déjà ! Ah je l’avais sur le bout de la langue…
Bazbaz, album : La chose (Sakifo Records / Wagram)

Le temps du changement de plateau, le soleil a refait une percée et commence doucement à décliner. Les rayons se reflètent dans toutes les vitres de l’Hôtel de Ville et illuminent l’artiste tout de noir vêtu. La Belgique vient de prendre la présidence de l’Union Européenne et Arno nous fait l’honneur de clore une soirée d’été comme on en aimerait malgré tout plus souvent sur la belle capitale. D’un pas chaloupé, il arrive au micro. Boisson, maîtresse cruelle, elle était la plus belle mademoiselle du quartier mais il n’aurait pas dû y toucher. Arno chante. De sa voix délicieusement éraillée, il scande ses textes incisifs. Grandes orchestrations, l’homme s’empare de deux cymbales, son groupe lui obéit, il les dirige tel un chez d’orchestre.
Arno tangue mais Arno affronte la tempête. Le jeu de la batterie et les lumières semblent le maintenir debout. Il finit par s’asseoir pour un répertoire plus mélancolique (piano-voix).
Cela ne l’empêchera pas d’envoyer tout valser dix minutes plus tard et d’assurer le spectacle plus d’une heure. On reste subjugué par cet être constamment sur le fil qui manque de le faire basculer du côté de ses démons. Est-ce la scène qui le tient debout ou qui le détruit ?
Une chose est certaine, si la Belgique devait disparaître, nous n’aurions pas de peine à adopter Arno.
Arno, Album : Brussld (Naïve)
Vivement demain pour de nouveaux concerts !

Texte : Mauve Leroy - Photos : Ben Callens, sauf Lisa Portelli : Bruno Hilaire
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