Flashback sur la soirée Breizh Touch du 07/08

Pour cette soirée aux couleurs de la Bretagne, retrouvez Bagou Vraz, Plantec, Alan Stivell et Zebra et le Bagad de Carhaix en vidéos!


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Interview d’Olivier Bas, Programmateur du Festival


© Ben Callens

En ce dernier jour de festival, Olivier avait revêtu une splendide veste à l’imprimé Madras bleu-blanc-rouge. Sorte de clin d’œil final pour saluer un mois de concerts faisant honneur aux groupes indépendants pour la majorité français. Histoire de souligner que lorsqu’on veut promouvoir la culture, on peut. Il suffit de s’en donner les moyens, pas tant relevant de la finance que de la passion.

Entretien avec un programmateur acharné, respirant la joie de vivre et l’amour du travail bien fait.

Cette édition du festival s’achève… alors, heureux  ? Des déceptions ? Des surprises ?

Oui heureux, on a attaqué cet hiver, c’est donc l’aboutissement de plusieurs mois de travail. Ma grande satisfaction cette année c’est que le groupe qui joue à 18h a déjà beaucoup de public. Certes moins que la tête d’affiche mais c’est la première année qu’on a déjà 3000 – 4000 personnes présentes dès 18h.

Je n’ai pas vraiment de déceptions et si j’ai des reproches, je les garde pour moi et tenterai de nous améliorer l’année prochaine. Je ne pensais par exemple pas que la prestation d’Uffie serait aussi intéressante. Les avis sont très partagés mais le public lui a réservé un bel accueil. Quand je l’avais vue au Printemps de Bourges, très sincèrement son concert laissait à désirer et j’ai été très heureux de constater les progrès qu’elle a fait.

Pour FnacIndétendances, tous les artistes sont à la même enseigne, même durée de set, mêmes loges, même traitement. La Fnac et moi sommes très attachés à ce principe d’égalité.

Dans mes coups de cœur cette année, j’ai été subjugué par Féloche qui je l’espère, sera au prix Constantin cette année, j’ai adoré Vismets et on s’est vraiment bien marrés à la soirée bretonne sous la pluie !


© Ben Callens 

La prog cette année est équilibrée entre découvertes et têtes d’affiches, qu’est-ce qui est le plus difficile :  choisir les têtes d’affiches ou les jeunes groupes qu’on va mettre en avant ?

C’est plus difficile et excitant de mettre en avant des découvertes. Mais avec la Fnac, nous partons avec l’idée de pérennité. Je cherche donc à programmer ceux qui seront encore là dans dix ans. Sans parler de coup marketing, il s’agit de ténacité de l’artiste. Faire acte de création est très difficile aujourd’hui, et d’autant plus d’en vivre.

Mister Nô par exemple, je suis persuadé que dans dix ans il sera encore sur scène. Il a une joie de vivre et une naïveté qu’il a traduit en musique et qui vont le porter.

Je pense aussi à de belles découvertes comme Abd Al Malik et Anaïs qu’on a portés et aidés à exploser. De même pour Joseph d’Anvers qui est passé l’année dernière et a surpris tout son monde. Il y a aussi un devoir de fidélité qui veut qu’on crée des familles, Aaron a été un des groupes phares d’Indétendances et reviendra probablement l’année prochaine, tout comme Joseph d’Anvers.


© Ben Callens 

C’est une lourde responsabilité que de valoriser tel ou tel groupe émergent, tu y réfléchis longtemps à l’avance ? Par exemple plusieurs groupes étaient issus des concours Découverte Printemps de Bourges, tu t’appuies dessus ou ça te sert seulement à confirmer tes intuitions ?

L’autre jour, en déménageant, j’ai retrouvé une collection de compilations des Découvertes du Printemps de Bourges et j’ai été assez déçu de constater que peu d’entre eux sont encore là aujourd’hui. Féloche, qui était au Festival de la Fnac en 2007 en tant que Découverte Printemps de Bourges et de nouveau cette année, fait partie des exceptions.

Sachant que je pars du principe débile qu’il n’y a pas de talent méconnu. Si tu es bon, que tu as envie et que tu fais preuve de travail et d’abnégation, tu vas y arriver.

La Fnac étant une enseigne commerciale, on ne peut pas défendre un artiste trop tôt, ça ne lui serait pas forcément utile. A raison de six compilations par an en plus du festival, Indétendances met en avant environ quatre-vingt artistes, dont un autoproduit à chaque fois. Les groupes ont donc un entourage professionnel, je ne crois pas à la magie d’Internet qui ferait que tu aurais immédiatement du talent etc., il faut avoir un minimum d’encadrement, s’entourer d’un label, si petit soit-il et d’un tourneur pour que ça ne soit pas un coup d’épée dans l’eau. Pour un artiste dont il n’y a pas de disque en magasin et pas de concert, on perd la valeur ajoutée de l’opération et il prend la place de quelqu’un d’autre.

La question du timing est très importante. Par exemple, cette année je voulais programmer Pepper Island. Mais leur album qui devait sortir en début d’année ne sortira finalement pas avant septembre. J’ai donc préféré repousser leur programmation à l’année prochaine, ça me parait plus pertinent. Il faut que les artistes aient un peu de notoriété, même infime. Le public est bienveillant mais il ne peut pas supporter quatre heures de découvertes non-stop, il faut qu’il vienne en partie voir quelque chose qu’il apprécie.

Je choisis d’abord une idée de tête d’affiche et cela permet de décliner la coloration de la soirée. Chloé donne une coloration électronique, Nada Surf implique une soirée à grosses guitares. Exceptionnellement je peux offrir une carte blanche à un artiste qui décidera de la tournure de la soirée. Les années précédentes Dominique A et Mickey 3D avaient choisi d’inviter deux artistes devant eux, cette année JP Nataf a décidé de partager son spectacle en invitant des amis.


© Ben Callens

La programmation cette année comportait du hip-hop, de la pop-folk, du rock et de l’électro… En revanche pas de rythmes chaloupés (bossa nova, pop latine…), de jazz ou carrément de musique plus classique ? Est-ce parce qu’il n’existe pas d’indés dans ces domaines musicaux ?

Pour donner des tonalités un peu différentes aux soirées, il faut qu’un groupe émerge dans le genre. Je n’ai rien contre une soirée flamenco ou chanson française.

On est en plein air, en plein jour et sur un concert gratuit, je ne suis pas certain que la sauce prenne pour le jazz et le classique. Même s’il y a plusieurs festivals de jazz en plein air, ce sont des rendez-vous particuliers, le public ici n’a pas ce réflexe pour nos concerts. On a une dominante pop-rock car ce sont des genres qui se prêtent aux festivals. La Fnac et moi réfléchissons depuis plusieurs années à un concept d’audition réduite dans l’après-midi pour des styles particuliers mais on n’a encore rien fait de tel. De même pour le format chanson, lorsque ce n’est pas très connu le genre peine trop et manque un peu de dynamisme s’il n’y a pas de grands tubes associés.

Il n’y a pas de volonté de faire des régionalismes. Le festival est différent et je ne veux pas programmer uniquement tout ce qu’on entend partout ailleurs. Ces soirées permettent de marquer le sujet et d’attirer l’attention. Cela me permet aussi de ne pas avoir la même exigence de cohérence musicale. Sur la soirée bretonne on pouvait se permettre de faire le grand écart entre l’electro et un bagad. J’ai une nouvelle idée pour l’année prochaine, mais c’est un peu compliqué donc je ne préfère pas en parler.

L’an dernier tu avais prédit une soirée avec Eiffel et une soirée spéciale « Do » (avec The Do, The dodos et The dodoz). Eiffel était bien programmé mais quid des trois autres ? Des idées pour l’année prochaine ?

Les nouveaux albums d’Aaron et de The Do vont probablement déclencher deux soirées l’année prochaine. En revanche je ne veux pas forcément tomber dans l’évidence, si Aaron est programmé dans tous les festivals je ne vois pas forcément l’intérêt de le reprogrammer.

Merci Olivier et à l’année prochaine!


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Flashback sur la soirée du 06/08

Retour sur la soirée du 6 août avec des medley de Gush, Coming Soon et Eiffel!


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Flashback sur la soirée du 31/07

Rappelez-vous ce soir-là Lafayette, Lonely Drifter Karen, Lilly Wood & the Prick et Nada Surf ont mis le feu aux Indétendances!


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Interview sur le pouce de 0800

Sur scène ils sont cinq mais pour l’interview nous n’avons que trois d’entre eux. Humour qui décape autant que leurs textes, désinvolture déconcertante, rencontre avec un trio de choc juste avant leur concert…


©Ben Callens

Vous étiez la découverte 2010 du Printemps de Bourges, c’est votre première date parisienne ? Vous appréhendez ?

0800 : C’est notre première date parisienne oui. Ce qui est impressionnant, ce n’est pas tant le fait de jouer à Paris que de jouer avec autant de public en plein centre sur une grande place. C’est le lieu plus que la ville dans laquelle on joue qui impressionne. Et puis on est très heureux qu’Olivier nous ait programmé à l’issue de notre date de Bourges… La Fnac c’est un peu notre retour aux sources, quand on était petit, on squattait les rayons pour lire des tas de bd, c’est la culture de notre enfance tu comprends ?

0800 ça rappelle les numéros d’appel gratuit, l’accès pour tous… Être programmé et jouer dans un festival gratuit lorsqu’on s’appelle 0800, est-ce pour vous, jeune groupe qui cherche éventuellement à vivre de son art, un symbole particulier ? Vous pensez qu’on vous a contactés parce que vous vous voulez accessibles à tous ?

0800 : Olivier Bas a notre album depuis sa sortie en 2008. Il nous a dit aimer le disque et comme on a fait Bourges cette année, c’était l’occasion de nous faire jouer. C’est gratuit pour le public et ça nous plaît. On a tout à faire avec ce groupe et ça nous ouvre vraiment des portes. Ce n’est pas inintéressant ce concept de gratuité pour le public via des partenaires financiers divers.


©Ben Callens

On vous classe plutôt dans le rap mais votre premier opus s’appelle Rock n’ Roll, pourquoi ?

0800 : Vous entendrez ce soir pourquoi ça s’appelle Rock n’ Roll. On peut faire du rap en ayant une intention différente. On aime l’intention qu’il y a dans le Rock, dans la vie en générale, dans la vie sur scène, on ne cherche pas forcément à ce que ce soit hyper clean, hyper maîtrisé. On aime ce qu’on met dans la notion d’esprit rock n’ roll. Et c’est aussi pour prendre à rebours les gens qui écoutent le disque avec curiosité ou faire chier ceux pour qui le mot est sacré. On s’amuse nous. C’est complètement con de dire d’un artiste qu’il fait de la musique rap ou rock et qu’il doit évoluer dans cette esthétique alors qu’il a grandi en écoutant plein d’influences différentes.


©Ben Callens

Le 30 juillet il y avait une soirée spéciale rap / hip-hop (avec Nouvel R, Rocé, Casey et Beat Assaillant ; cf. live report) ça ne vous gène pas d’être programmés en décalé ?

0800 : On aurait adoré jouer avec Casey ou Rocé qui sont des gens dont on admire le travail. Mais on aime beaucoup jouer dans des cadres plus éclectiques comme ce soir. On est content de découvrir d’autres publics. A Bordeaux on fait rarement des concerts avec d’autres groupes de rap, plutôt du rock ou de l’électro.

Les programmateurs viennent aussi nous chercher pour ça. On n’est pas totalement dans l’esthétique rap, donc il ne faut pas être connaisseur pour prendre plaisir à nous écouter. Avant-hier on a joué avec un groupe de musique chilienne, les gens étaient hyper concentrés avec eux, plus détendus avec nous. On est un groupe qui peut être consommé par tout le monde. On a des guitares saturées et une grosse batterie mais on fait vraiment du rap.

Il ne reste que vingt minutes avant leur concert pendant lequel 0800 livrera une prestation sans faute (cf. live report).


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